En fait je n'écris plus d'articles. Je veux dire de vrais articles. Qui viennent de moi. De mon tout au fond de mon fin fond, le genre d'articles super longs et déprimants...
Parce que qu'est ce qu'on peut écrire sur une vie dans laquelle il ne se passe rien?
Quand on est triste, on peut écrire.
Quand on est en colère, on peut écrire.
Quand on est heureux, c'est plus dur, mais on peut toujours écrire.
Mais moi, là, depuis quelques semaines...
Rien.
Parce que je ne suis ni triste, ni en colère, ni heureuse.
Quand je pleure, c'est pour me faire croire que je ressens de la tristesse.
Quand je m'énerve, c'est pour me faire croire que je ressens de la colère.
Quand je (sou)ris, c'est pour me faire croire que je ressens du bonheur.
Mais en vérité...
Le vide.
Intersidéral. Intergalactique. Interuniversal...Inter-avec-les-autres.
En fait je crois que j'ai oublié de tourner à gauche au carrefour n°13. Manque de pô...Si je me souviens bien, c'tait un vendredi...Haha...J'sais même plus faire rire...
Bref ce jour-là, on m'avait pas refilé la bonne carte, et je crois que j'ai pris le chemin en boue qui menait à l'opposé de l'autoroute que j'étais sensée prendre...
Résultat:
J'suis pommée...
Au milieu de nulle part.
De partout.
De tout et de rien.
En suspension dans des vies.
En suspension dans une époque.
En suspension dans des rêves.
En suspension dans mes rêves.
En suspension dans de folles idées.
Si folles qu'elles seront présentes toute ma vie sans que je puisse les réaliser ou les oublier.
Des idées qui me disent que bosser maintenant ne me servira pas plus tard.
Des idées qui me disent que chaque jour qui passe est une perte de temps supplémentaire.
Des idées qui me disent de rester cloîtrée chez moi à écrire, à chanter, à jouer du piano.
Des idées que je ne peux pas repousser car elles sont ma vie.
Mais des idées que je m'efforce de ne pas écouter.
Fais pas ci, fais pas ça, lalalalalala...
Marre des autres.
Marre de vous.
Toujours faire attention à ce qu'on dit, à ce qu'on fait pour que l'autre ne soit pas vexé.
Merde.
Vous n'avez qu'à pas être aussi susceptibles.
La vérité fait mal. C'est pas une grande nouveauté. J'en suis témoin.
Mais regardez-vous.
Pour quoi vivez-vous?
Pour QUI vivez-vous?
Pour des buts?
Pour des personnes?
Pour enfin recevoir un numérique à Noël?
Pour devenir ingénieur plus tard?
MAIS NON.
Vous croyez que quand vous mourrez, vous vous en souviendrez de tout ça?
Non...
La vie n'est pas une destination, elle est le voyage.
N'allez pas sur Mars pour faire comme les autres, si vous savez que c'est Pluton qui vous intéresse.
Moi je ne veux plus travailler.
Parce que si je travaille, je sais tout droit où j'arriverai plus tard.
Et je ne veux plus savoir.
Je veux être.
C'est tout.
Et ce que je veux faire plus tard, ça ne regarde que moi.
Si je voulais être factrice, où le problème?
Si je voulais être éboueuse, où le problème?
Si je voulais être pute, où le problème?
Et si je veux être Moi, où le problème..?
Car moi, ce n'est pas ça.
Moi, c'est l'Art [qui m'intéresse, bande de cons, je ne suis pas l'Art ^^]
Pas la peinture, pas la sculpture.
Le théâtre, la poésie, la musique, la photo, les bouquins.
La Liberté.
Et tout ce que les professeurs ont dans leur tête ne m'aidera jamais.
Moi, je serai Artiste.
Artiste de mon état, artiste de mon monde.
Artiste incomprise, artiste seule et désespérée...Mais Artiste.
Et, oui, ça paraît irréalisable.
Et alors?
Pourquoi pas moi?
Hein?
La routine est ce qu'il y a de pire.
Où va-t-elle encore vous mener?
Vers des regrets de rêves inassouvis.
Et alors, vous vous sentirez cons.
Mais moi, je ne serai plus avec vous.
Et j'aurai prévenu.